Nodules polymétalliques , sulfures polymétalliques : non à l’exploitation des grands fonds marins .

La France, en signant le 25 septembre 2015 , 4 décrets d’extension de son plateau continental, donne un véritable coup d’accélérateur à la prospection des fonds marins, et porte son domaine sous-marin à 11 millions de km2. Ce qui en fait le deuxième territoire maritime du monde.
A cette extension du domaine maritime, on peut ajouter les permis de recherche dans les eaux internationales, ce qui fait de la France un acteur incontournable de l’exploration des fonds marins en matière de ressources minérales.

L’extension du plateau continental au delà des 200 miles de la ZEE (zone économique exclusive), se fait en application de l’article 76 de la Convention de Montego Bay (Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.10/12/1982) et sur recommandation de la CLPC (Commission des limites du plateau continental).

Dans la suite du Grenelle de l’environnement en 2008, la France s’est dotée du programme Extraplac ( EXTension RAisonnée du PLateau Continental) qui a déposé les demandes auprès de la CLPC. Les extensions validées par la CPLC qui portent sur la Guyane, les îles Kerguelen, la Guadeloupe, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie sont celles qui ont été actées par les décrets du 25 septembre 2015.
D’autres demandes sont toujours en cours d’examen par la CPLC, elles concernent, la Réunion, les îles Saint-Paul et Amsterdam, Wallis et Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Si selon les conventions les états sont souverains sur leurs ZEE, il n’en est pas de même lors de l’extension du plateau continental, puisque la mer reste dans le domaine international.

Parallèlement à cette extension du domaine maritime, la France a obtenu deux permis de recherche dans les eaux internationales dénommée la « Zone », l’un dans le pacifique nord sur la fracture Clarion/Clipperton pour la recherche de nodules polymétalliques, et un autre dans l’Atlantique sud pour la recherche de sulfures polymétalliques. Ces permis de recherche sont délivrés par l’AIFM (Autorité internationale des fonds martins /ONU).

ISA

La France a confié à l’Ifremer, qui possède l’expertise, les missions de recherche et d’exploration.

 

Champ_de_nodules_dans_le_Pacifique_équatorial_nord

Crédit photo : Wikimedia

A l’heure de la disparition annoncée des ressources minérales et énergétiques, l’exploration des grands fonds marins, avec les découvertes des nodules polymétalliques, des sulfures polymétalliques hydrothermaux, des encroûtements ferromanganésifères, fait l’objet de toutes les attentions pour les états désireux de conserver une indépendance dans leurs approvisionnements.

Mais quid des conséquences sur l’environnement?

Les grands fonds marins, qui ont été longtemps imaginés désertiques, se révèlent suite à des études récentes d’une grande richesse en biodiversité.

5102289970_f850700e73_zLes techniques utilisées pour la « récolte » des nodules ou le prélèvement des sulfures vont entrainer durablement une modification des fonds marins et de l’habitat des espèces concernées.

crédit photo : NOAA Photo Library

 

 

On peut par ailleurs s’interroger sur notre légitimité à exploiter ces grands fonds. Soit ils appartiennent à « personne », soit ils appartiennent « à tout le monde ». Quelle est la légitimité de l’AIFM  à distribuer des permis d’exploration minière ? L’ONU considère à raison les fonds de la haute mer comme « patrimoine commun de l’humanité » , mais confère en même temps la gestion de son exploitation à un organisme « autonome » censé entre autres (à la marge ?) à veiller sur la préservation des écosystèmes. . Ceci est une vision très productiviste de notre environnement.

 

A aucun moment la question n’a été posée de sanctuariser ces grands fonds.

 

Et selon Lénaïck Menot, chercheur au Laboratoire Environnement Profond du Centre Ifremer

« Dans les zones où le fond océanique et les premiers centimètres de sédiments ont été raclés pour récupérer les nodules, la faune a été profondément affaiblie et n’a pas recolonisé les lieux ». ( Outre Mer 1ere)

 

Ce constat sans appel nécessite une réponse également sans appel: il faut interdire toute exploitation minière des fonds marins. 

 

Toutes ces recherches qui se font loin du regard, qui s’abritent bien souvent derrière le secret industriel, se développent à bas bruit et quand les premières conséquences se feront sentir il sera malheureusement déjà trop tard.

Objectif Transition se fera le relais de cette position auprès des associations et acteurs concernés.